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PERROTIN Sébastien

Comportements des perruches et perroquets à l'état naturel

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Comportements des perruches et perroquets à l'état naturel


Pour mieux cerner les comportements naturels de nos perruches et perroquets à l'état sauvage, je vous propose dans un premier temps les liens du film "L'Australie, le pays des perroquets" puis l'extrait de la thèse de I.C. Quémin sur les comportements du perroquets.


L’Australie, le pays des perroquets
Voici les liens (4) du fabuleux reportage de France 5 sur les comportements naturels des perruches et perroquets à l'état sauvage, vous pourrez concrètement cerner leurs comportements normaux et leur fort patrimoine génétique, qui prouve qu'ils sont loin d'être "domestiqués" même s'ils sont actuellement devenus des animaux de Compagnie. Les liens à regarder :


http://www.wat.tv/video/australie-pays-perroquets-34j1h_34isx_.html

http://www.wat.tv/video/australie-pays-perroquets-34k09_34isx_.html

http://www.wat.tv/video/australie-pays-perroquets-34kjx_34isx_.html

http://www.wat.tv/video/australie-pays-perroquets-34l05_34isx_.html


Les comportements naturels des psittacidés par I.C. Quémin

La thèse en entier : http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=453

Les perroquets et les perruches, très sociables, vivent en groupes de dimensions variables. La proximité de nombreux congénères influe sur le mode de vie et sur le comportement de ces oiseaux. En premier lieu, les mœurs des représentants de la famille des Psittacidés varient en fonction de leur milieu de vie

La vie dans les forêts tropicales

La forêt tropicale est un milieu riche, où les fruits et les graines abondent et où l’eau est facile à trouver. Les perroquets de ces régions n’ont donc pas à parcourir de longues distances pour trouver de quoi se nourrir et se désaltérer. Dans leur habitat naturel, la forêt Amazonienne, la faculté la plus importante est celle de savoir bien grimper, le vol étant d’une importance secondaire puisqu’il est de toute façon difficile de voler entre les arbres. Ainsi, les perroquets du genre Amazona sont-ils de bons grimpeurs alors que leur vol est plutôt lourd et qu’ils se déplacent maladroitement au sol. Leur bec puissant leur sert d’appendice locomoteur pour grimper aux branches et faire des acrobaties. Les espèces vivant dans les forêts sont moins grégaires que les espèces des savanes car les petits espaces disponibles entre les arbres sont peu propices aux grands rassemblements.


Rôle dans la protection individuelle

La colonie a une fonction de protection vis-à-vis des prédateurs, et notamment des oiseaux de proie. En effet, un individu sera plus en sécurité s’il se trouve au sein d’un groupe que s’il est seul. De plus, un groupe représentera un grand nombre de proies, ce qui peut entraîner la confusion chez les prédateurs, généralement solitaires. Les perruches sont, notamment, les proies de prédilection des milans et des faucons australiens, mais grâce à leur nombre et à leurs moeurs grégaires, elles parviennent à se défendre contre les attaques de leurs ennemis. Lorsqu’un Kéa est blessé par un prédateur, les autres membres de sa bande volettent autour de lui en poussant des cris aigus, pour tenter de le protéger. Cette protection est renforcée lorsqu’il existe un dispositif d’alerte. On observe souvent la présence d’oiseaux sentinelles, qui se tiennent perchés à proximité de l’aire d’alimentation mais qui ne se nourrissent pas en même temps que les autres. Dès lors qu’un danger se présente, ils se mettent à hurler et s’envolent pour alerter ceux qui mangent. Ces derniers, alors avertis, s’envolent à leur tour, tous ensembles et le plus rapidement possible, ce qui rend l’approche très difficile pour le prédateur. Généralement, les oiseaux atterrissent ensuite à proximité, afin d’évaluer la situation et éventuellement de retourner à leur aire d’alimentation, une fois la menace éloignée (4, 53, 91). Les individus malades, blessés ou trop âgés, ne pouvant pas rejoindre le groupe, sont généralement à la merci des prédateurs (29). La Perruche de la Caroline, espèce du centre des Etats-Unis maintenant éteinte, avait cependant l’habitude de ne pas abandonner ses compagnes blessées ou tuées. Mais ce comportement amenait souvent la destruction du groupe entier, en quelques heures, ce qui a probablement conduit à la disparition de l’espèce.


Rôle dans la recherche alimentaire

Les oiseaux d’une même colonie mangent généralement au même endroit : il s’agit d’un comportement social. Ils se déplacent en bandes pour rechercher des endroits propices. Les vocalises, émises à distance, permettent de renseigner les congénères sur le résultat des recherches, et notamment sur la localisation et la quantité de nourriture disponible.


Rôle dans la reproduction

Recherche d’un partenaire sexuel et stimulation du couple
Au sein d’une colonie, les oiseaux peuvent se reproduire en plus grand nombre, et dans de meilleures conditions. Le nombre d’adultes est important, d’ailleurs, car on a remarqué que le retrait de plusieurs d’entre eux pouvait perturber les reproducteurs (53). Il est plus aisé, notamment, de trouver un conjoint lorsque le nombre de partenaires potentiels est plus grand (7). La présence de plusieurs couples au même endroit peut même favoriser la reproduction individuelle (4, 7). Les sons émis par un couple lors de la parade nuptiale, par exemple, pourraient stimuler les autres (53). Les Amazones, quant à elles, semblent stimulées par la vue intermittente de leurs congénères, et par l’opportunité de se battre. Les Perruches ondulées, elles, ne peuvent se reproduire qu’en présence d’au moins trois autres couples (4, 34). D’autres oiseaux, dont les Cacatoès, sont au contraire inhibés par la vue des autres couples (53). Enfin, s’il est plus facile pour un prédateur de trouver les nids lorsqu’ils sont tous rassemblés au même endroit, de nombreux oiseaux adultes, s’ils sont en groupe, peuvent cependant les défendre plus efficacement (7).


Défense du nid et du territoire

S’agissant d’une garantie de survie, les perroquets doivent défendre leur territoire, leur nid le plus souvent, non seulement de l’invasion des prédateurs, mais aussi de celle des autres perroquets. Alors qu’ils choisissent un site de nidification, certaines espèces d’Amazones, d’Aras, de Conures et parfois les Perruches calopsittes, protègent de plus en plus leur territoire. Elles se précipitent vers les intrus et les attaquent (53). Un nid non protégé, en effet, est souvent pris d’assaut par un couple prêt à se reproduire. La défense du territoire est aussi nécessaire pour élever une famille avec succès (98), les petits risquant, sans cela, d’être tués. Généralement, l’intimidation de l’intrus, à l’aide de certaines postures corporelles et de vocalises, suffit à le faire fuir (41). Les Inséparables, par exemple, ou les Poicephalus, les pupilles dilatées, étalent les plumes de leur queue (4). Mais les altercations dépassent rarement ce stade, même avec des prédateurs, car les oiseaux sauvages ont la possibilité de fuir, en cas de danger. Les femelles de la colonie, cependant, sont généralement autorisées à approcher le nid, notamment chez le Cacatoès des Moluques, les Conures et les Aras. Chez la plupart des Amazones, en revanche, même les autres femelles sont refoulées loin du nid (53). Certains oiseaux, tellement occupés à essayer d’éloigner les rivaux éventuels, en oublient parfois de copuler. Ce comportement de compétition se retrouve aussi lorsque la taille d’une colonie excède la capacité du territoire. La compétition pour un territoire peut donc empêcher un couple de se reproduire. L’élevage des jeunes est une activité essentielle de la vie en colonie, favorisant la pérennité de l’espèce.


Imprégnation
« Dès les premiers moments de l’existence, le jeune “ fixe ” d’une manière indélébile l’aspect du premier objet en mouvement qu’il rencontre et qu’il suivra désormais. Cette fixation dure longtemps, voire toute la vie ». L’imprégnation est un phénomène permettant de créer des liens entre les individus d’une colonie. L’oisillon s’attache et s’identifie à la première chose qu’il voit, et ce lien est indestructible. Dans son milieu naturel, il s’agit évidemment de ses parents. Par la suite, tout ce qui ne ressemblera pas à l’être d’imprégnation semblera suspect.


De l’éclosion au sevrage

Durant cette période, les poussins restent au nid, où ils sont nourris à la becquée par les parents qui leur régurgitent le contenu ingluvial. Il se pourrait que certaines femelles, comme chez les Perruches ondulées, sécrètent dans leur jabot une substance très protéinée qui serait régurgitée pour nourrir les oisillons, comme c’est le cas chez le pigeon (4). Les jeunes perroquets sont généralement nourris par la femelle jusqu’au sevrage, qui coïncide souvent avec l’acquisition du plumage adulte (4). Cependant, tous les poussins ne sont pas sevrés en même temps, et il arrive souvent que l’un des jeunes soit nourri plus longtemps par les parents, alors que ses frères et soeurs ont déjà acquis leur indépendance alimentaire. Les oisillons, généralement déplumés à la naissance, sont protégés et réchauffés par la mère lorsqu’elle dresse son torse au dessus de leur tête (4, 29). Le sevrage ne correspond pas systématiquement pour les jeunes au départ du nid. Il arrive que le mâle les nourrisse aussi après le sevrage (4). Chez plusieurs espèces de perroquets, en effet, et notamment celles de grande taille, les petits peuvent rester jusqu’à deux ans avec leurs parents. Cette longue période de vie en famille, destinée à socialiser les jeunes, est mise à profit pour l’apprentissage de la vie en société, celui de la hiérarchie, et de tout ce qu’ils ont besoin de savoir des soins à apporter a leurs futures nichées, ainsi que des règles de survie (4, 9, 10, 41, 44, 51, 96). Cependant, chez les espèces très prolifiques, comme les Perruches ondulées, les petits sont rapidement chassés du nid après le sevrage. Les mâles adultes peuvent même être particulièrement agressifs envers les jeunes mâles.


La communication au sein du groupe

Communiquer est essentiel pour créer et entretenir les liens entre les individus. Les moyens à la disposition des Psittacidés sont leurs vocalises et leurs attitudes corporelles.

Les vocalises
Tout au long de la journée, les membres d’une colonie gardent le contact entre eux en émettant diverses vocalises très sonores, qui sont encore amplifiées au lever et au coucher du soleil (29, 30, 68). Les cris des Psittacidés sont audibles à des kilomètres, dans la nature. Cela permet à chaque membre de la colonie de se faire entendre des autres et d’être localisé par ses compagnons. Les cris surviennent lorsqu’un oiseau voit ou entend les autres mais ne peut pas être en contact physique avec eux (28). Au lever du soleil, les membres d’une colonie s’appellent les uns les autres depuis leurs aires de repos respectives. Ensuite, ils s’envolent ensemble pour rejoindre l’aire d’alimentation. Ils restent en contact vocal pendant tout le trajet, ce qui les aide à s’orienter (44, 68, 69). Au coucher du soleil, les perroquets forment de grands rassemblements pour passer la nuit. A ce moment-là, ils émettent des cris très sonores, semble t’il pour faire connaître leur présence aux autres membres du groupe, et pour rétablir les relations entre eux (67). Les vocalisations ont cependant bien d’autres rôles, très variés : ce sont des cris d'alerte face à un danger imminent, des cris de querelle de territoire, des vocalises pour attirer l'attention d'un compagnon, des salutations envers les autres membres du groupe, ou des informations sur l’emplacement et la quantité de nourriture (44, 63). Les sons émis diffèrent selon qu’ils signalent la présence de nourriture, ou d’un danger, ou qu’ils sont destinés à accueillir un congénère (53). Les oiseaux ont besoin de communiquer entre eux et d’établir des liens avec les leurs, car il leur est très désagréable de se retrouver seuls (53). L’isolement signifie, en effet, un plus grand risque d’être capturé par un prédateur ,et donc bien souvent la mort Une autre des propriétés des signaux sonores est de contourner les obstacles, surtout quand il s'agit de sons graves. Cela est spécialement important pour les oiseaux vivant dans les forêts, qui ne peuvent se voir


Les comportements amicaux


Certains comportements et des attitudes corporelles variées permettent d’exprimer le contentement, et de renforcer les liens entre deux individus. Les perroquets aiment se gratter mutuellement la nuque avec le bec. Ce geste, permettant à l’oiseau d’être toiletté à un endroit que lui-même peut difficilement atteindre, est aussi un geste amical qui consolide les liens existants entre deux oiseaux d’un même groupe (30, 67, 74), et en particulier entre les deux membres d’un couple, pendant la saison de reproduction (48), comme cela a été observé, par exemple, chez les Conures de Patagonie (4). Les Psittacidés sauvages passent beaucoup de temps à jouer : ils volent de branches en branches, font de l’escalade et des acrobaties. Ils jouent avec des branchages feuillus et des brindilles, qu’ils mâchent et déchiquètent en même temps (68). Ils se battent aussi entre eux pour jouer. Les petits coups de bec sont un moyen de communication chez les Psittacidés (38), et pas forcément des actes agressifs. Un oiseau qui veut jouer sollicite son compagnon en lui fonçant dessus tête et corps abaissés vers le sol, ou la patte tendue vers celui-ci, en pliant et dépliant les doigts (53). Lors de ces joutes ludiques, les oiseaux se pincent mutuellement les pattes et les doigts, ou ils se griffent. C’est pourtant totalement indolore pour eux.


Les comportements agressifs

Les postures corporelles sont un moyen de communication chez les oiseaux, au même titre que les vocalises. Dans la nature, les perroquets n’usent quasiment jamais de violence entre eux (7, 9, 97). Le langage corporel suffit généralement à exprimer les mécontentements ou la position hiérarchique d’un individu, qui n’a alors plus besoin d’utiliser son bec comme d’une arme (9). Les coups de bec sont réservés aux prédateurs, tels que les serpents ou les oiseaux de proie (97). Un oiseau, dont la tête et le corps sont abaissés contre le perchoir, et dont le bec est grand ouvert, présente une posture suffisamment impressionnante pour éloigner un rival (4). Pour intimider, un perroquet se dressera, la tête haute, et battra des ailes : la face interne, en effet, comporte souvent des couleurs vives qui, étalées à la vue du congénère, servent d’avertissement (4). Un bec largement ouvert est aussi impressionnant pour celui qui se trouve en face. Chez certaines espèces, notamment celles du genre Psittacula, le bec est rouge, ce qui renforce l’impact sur l’oiseau qui doit être intimidé. Généralement, les subordonnés tournent leur tête pour cacher leur bec aux dominants (4). Les « prises de becs », lorsque deux oiseaux proches l’un de l’autre s’agrippent mutuellement le bec, ne sont pas forcément violentes. Elles ne durent que jusqu’à ce que l’un des « bagarreurs » se retire et laisse la place au vainqueur (4). Pendant la saison de reproduction, une certaine agressivité est canalisée par le combat de plusieurs mâles rivaux qui se disputent l’emplacement du nid (45). Il s’agit d’une activité prénuptiale normale.


Comportement reproducteur


La puberté
L’âge de la puberté est très variable en fonction de l’espèce, mais, de manière générale, plus l’espèce est de grande taille, plus la puberté est tardive. Elle est d’environ deux ans, par exemple, pour le Perroquet gris du Gabon (34), de 18 mois pour les Platycerques, et de presque 5 ans pour les grands Aras Durant cette période, les bouleversements hormonaux et les instincts naturels opèrent un changement radical de comportement chez le jeune. L’agressivité est souvent le signe le plus frappant de ces changements. Un oiseau, qui atteint la maturité sexuelle, quitte son unité familiale. Il n’a alors de cesse de trouver un partenaire pour se reproduire, et créer une nouvelle famille (41).

Saison de reproduction
Pour les espèces vivant dans les régions désertiques et semi-désertiques, où le climat et la photopériode sont stables, le rythme de la reproduction est régi par les pluies (37). Les parades nuptiales commencent dès les premières averses, de telle sorte qu’il y ait suffisamment d’eau pour les petits. En Australie, par exemple, les Perruches ondulées pondent entre août et janvier dans les régions méridionales, et entre juin et septembre dans les régions du nord (86). D. Alderton (4) affirme, cependant, que les Perruches ondulées peuvent s’accoupler à n’importe quelle période de l’année, pourvu que les conditions soient favorables. Dans les régions de forêt tropicale qui ne subissent pas de grandes variations saisonnières et où il pleut tout au long de l’année, ce ne sont pas les pluies qui déterminent la saison des amours. Cependant les perroquets de ces régions se reproduisent toujours à la même époque de l’année. Ainsi, les perroquets du sud du Brésil et de l’Argentine, de Bolivie et du Paraguay commencent à se reproduire en décembre, ceux de Colombie et du Venezuela en janvier, et ceux du Mexique, de Cuba et des Bahamas en mai. (37, 69, 86) En général, une nourriture abondante et un accroissement de la durée du jour produisent des bouleversements hormonaux, et sont le signal de l’arrivée d’une période propice à la reproduction (54, 68). Dans les régions tempérées, c’est la photopériode qui régit le cycle de reproduction. Les parades nuptiales ont lieu au printemps, lorsque la durée de jour augmente (37).

Un couple pour la vie ?

Les Psittacidés sont des oiseaux réputés pour leur fidélité : une fois le couple formé, les deux partenaires peuvent rester ensemble leur vie durant (29). Chez les Cacatoès, les liens du couple sont très forts tout au long de l’année : les conjoints restent toujours très proches l’un de l’autre, et ils passent la majeure partie de la période chaude de la journée à se toiletter mutuellement (4). Chez certaines espèces, si l’un des deux membres du couple meurt, le survivant peut décider de rester seul au sein de la colonie, et de ne pas rechercher de nouveau compagnon. Mais il peut aussi se laisser mourir, comme c’est le cas chez les Inséparables (48). Certains comportements spécifiques, comme le toilettage mutuel, et en particulier du lissage des plumes de la tête, visent à renforcer le lien existant entre les deux partenaires (4, 29). En couple, les Psittacidés voyagent toujours ensemble et dorment côte à côte (53). Par ailleurs, ils se défendent mutuellement. En cas de danger, l’un des deux avertit l’autre, qui doit s’enfuir instantanément. S’il tarde à fuir, cependant, il risque de recevoir des coups de bec incitatifs de la part de son conjoint (29). La compatibilité entre les deux partenaires est vitale pour le succès de la reproduction chez les grandes espèces (4). Mais il existe tout de même des couples homosexuels, comme chez les Inséparables (34).
Les Psittacidés ne sont pourtant pas tous monogames, ni très attachés à leur conjoint. La Perruche à collier rose mâle (Psittacula krameri), par exemple, ne supporte la présence rapprochée d’une femelle que lors de la saison de reproduction (4). Par ailleurs, dans un groupe d’Amazones, espèces pourtant réputées monogames, un mâle a été observé en train de faire fuir un autre mâle déjà accouplé, et de prendre sa place dans le nid, avec sa femelle (53). Chez les Perruches calopsittes, il arrive que deux mâles prennent soin d’une seule femelle : pendant que l’un d’eux s’accouple avec elle, l’autre s’occupe du ravitaillement, ou bien, lorsque le premier surveille le nid et les oeufs, le second toilette la femelle, etc. Les rôles, par la suite, sont inversés, chacun des mâles attendant son tour pour s’accoupler (53). Certaines Perruches ondulées femelles, quant à elles, s’accouplent parfois avec plusieurs mâles : les huit ou neufs oisillons qui naîtront auront alors des pères différents (4). Le Kéa, enfin, est même plus souvent polygame que monogame (4).

Parade nuptiale
Un oiseau prêt à s’accoupler est reconnaissable : il étale sa queue, il abaisse son corps et ses ailes contre le support, ses pupilles se dilatent et contractent successivement, il parade, il danse, et il régurgitent dans le bec de son partenaire (68). Chez de nombreuses espèces, les conjoints manifestent leur affection en s’agrippant le bec (99). Le toilettage mutuel est aussi un élément essentiel de la parade nuptiale : un des oiseaux sollicite son compagnon en abaissant la tête vers lui et en ébouriffant ses plumes. Chez les Amazones, les Inséparables et les Perruches ondulées, ce toilettage concerne la tête et l’encolure. Les représentants des genres Aratinga, Brotogeris, Ara et Cacatoe toilettent plus souvent la tête, les ailes et la queue. Les deux oiseaux du couple jouent souvent ensemble : ils se bécotent, posent leurs pattes les unes sur les autres, ou simulent la copulation. Nourrir son partenaire en régurgitant le contenu du jabot, qui est un mélange de liquide et d’aliments non digérés, est un autre moyen de montrer son affection. Pour cela, l’oiseau secoue la tête de bas en haut pour faire remonter les aliments du jabot vers la cavité buccale, puis dépose son offrande dans le bec de son compagnon (67). Les mâles nourrissent souvent les femelles, ce qui consolide les liens du couple. Chez quelques Amazones, Conures, Inséparables et Perruches ondulées, ce phénomène peut parfois survenir tout au long de l’année, même en dehors de la saison sexuelle.

Nidification
La plupart des perroquets nichent dans des cavités creusées dans des troncs d’arbres, dans le sol, ou dans des termitières parfois encore habitées, comme c’est le cas chez les Perruches pygmées (4, 48, 69, 70, 86). En revanche, quelques rares espèces, dont le Perroquet hibou, nidifient directement sur le sol entre les herbes (4, 48). Les Perruches souris, elles, construisent un nid collectif avec des rameaux épineux où chaque couple dispose d’un logement séparé. Elles ne sont alors plus contraintes de trouver un trou dans un arbre pour nidifier (4), ce qui constitue une exception chez les Psittacidés (4, 29, 48, 83). Chez les Perruches de Monk et les Conures de la Reine de Bavaria, plusieurs couples d’une colonie participent à la construction d’un nid commun, et nichent ensemble (53). Les Perruches pygmées, quant à elles, élisent souvent domicile dans des termitières, dont elles bouchent les communications avec les galeries de leurs occupants d’origine. Le nid, situé entre trois et cinq mètres au-dessus du sol, comprend une entrée longue et étroite et une chambre de couvaison, placée à un étage un peu supérieur. Mâle et femelle passent la nuit dans cette chambre pendant la couvaison. Des observateurs ont dénombré jusqu’à six occupants dans une même chambre, sans pouvoir déterminer s’il s’agissait d’individus matures ou juvéniles (86). Certains perroquets chassent même les propriétaires d’un nid et se l’approprient. Psittacula himalayana, par exemple, s’empare du nid des Pics verts, en Afghanistan (4). L’abris des Psittacidés est généralement simple, les oeufs étant, le plus souvent, déposés à même le fond de la cavité. Certaines espèces, cependant, comme Probosciger spp., Agapornis spp., ou Loriculus spp., tapissent le fond du nid avec divers matériaux : ce sont des copeaux de bois pour l’Inséparable à tête grise, par exemple, ou des brins d’herbe, des poils et des plumes (4, 48, 83, 86). Les matériaux ainsi déposés permettent de caler les oeufs et d’éviter qu’ils ne roulent et ne se cognent. De nombreux perroquets réutilisent le même nid d’une année sur l’autre (48). Le site du nid doit être choisi avec précaution. Les prédateurs tels que les singes, les serpents, ou les lézards, ne doivent pas accéder trop facilement à la nichée (4).
Chez les grands Aras, par exemple, la colonie est divisée en deux zones : la zone centrale, qui abrite les nids et les couples reproducteurs, et la zone périphérique, qui regroupe les oiseaux ne se reproduisant pas. Cette deuxième zone constitue un espace tampon qui assure la pérennité de l’espèce : en présence d’un danger, les oiseaux de la périphérie peuvent alerter et protéger les couples et leurs nichées (53). Chez les grands Aras, toujours, il existe une organisation temporelle de l’aire de reproduction. Plusieurs couples construisent et préparent l’aire de nidification, mais seulement un tiers de la colonie se reproduit en une saison.


Enrichissement alimentaire et environnemental

Le bec des Psittacidés est très particulier : il est toujours court, bombé, épais et de forme crochue. La mâchoire supérieure, n’étant pas soudée au crâne, s’y articule souplement. Ceci lui confère une grande mobilité (70). Sauf exception, la face interne de l’extrémité de la mandibule supérieure est tapissée de lamelles striées, qui permettent d’assujettir fermement les éléments durs, tandis que la mandibule inférieure les ouvre. De structure kératinisée, ce bec pousse continuellement, incitant ces oiseaux à mâcher régulièrement quelque chose pour en user l’extrémité et l’entretenir (64). Son efficacité est liée à sa puissante musculature, et à la grande dureté des deux mandibules kératinisées.
Il est fort bien adapté au régime frugivore et granivore de la plupart des Psittacidés, car il leur permet d’ouvrir facilement de grosses noix (70). La plupart des espèces se servent en outre de leur bec comme d’un troisième appendice, ce qui en fait d’excellents grimpeurs (70). Enfin, c’est un merveilleux outil qui leur permet d’explorer leur environnement (64). Les perroquets utilisant aussi leurs pattes pour prendre ou maintenir leurs aliments (83). La langue des Psittacidés, arrondie et charnue, est extrêmement mobile. Elle permet de positionner correctement les grosses graines contre la mandibule supérieure, afin de les ouvrir avec la mandibule inférieure, en forme de gouge (83). Broyant leurs aliments dans leur bec, ils en gaspillent ainsi une bonne partie (83).
La langue des Loris, dont l’extrémité est en forme de « petite brosse », sert à aspirer le jus sucré des fruits et le nectar des fleurs (83).
Les perroquets se désaltèrent toutes les deux ou trois heures, et ils profitent généralement de l’occasion pour se baigner. Par conséquent, ils se rassemblent fréquemment par milliers autour des points d’eau, et en particulier dans les régions arides où l’eau est rare.


Toilettage et hygiène corporelle

L’hygiène corporelle, essentielle à la survie individuelle, tient une place importante dans l’emploi du temps de l’oiseau, pourvu qu’il se sente en sécurité. Les perroquets passent toujours de longues heures à nettoyer leur plumage, à l’aide de leur bec, particulièrement après le vol. Ils le remettent ensuite en place, éliminant au passage les pennes et les plumes cassées (48, 67). Les Cacatoès, ainsi que les Perruches calopsittes, présentent la particularité de posséder une glande uropygienne (45, 67, 69), dont la sécrétion graisseuse est utilisée pour imperméabiliser les plumes. Lors de la mue, les vieilles plumes dégénérées sont arrachées afin de favoriser leur renouvellement. Les jeunes plumes nouvellement formées sont lissées excessivement pour retirer l’étui de kératine qui les entoure. Ce lissage assure, ensuite, la bonne cohésion et l’engrenage des barbules (45). Un plumage correctement entretenu est indispensable aux performances du vol. Pourtant, malgré la nécessité de le garder fonctionnel, les perroquets ne se toilettent que lorsqu’ils se sentent en sécurité là où ils se trouvent. Un stress, quel qu’il soit, inhibe le comportement de toilettage. La plupart des espèces aiment se baigner. L’humidification leur permet de lisser et d’adoucir leurs plumes (30, 45). Les espèces vivant dans les forêts tropicales attendent les pluies pour se baigner. Ils étendent alors leurs ailes en écartant les plumes, pour laisser l’eau passer entre elles. Ils évitent, cependant, de se mouiller la tête. Dans les régions où les pluies sont rares, les petits Psittacidés, tels que les Perruches ondulées, humidifient leurs plumes en se frottant contre les feuilles, recouvertes de la rosée du matin (68). Les Psittacidés entretiennent leur tête avec leurs pattes. Ils peuvent aussi se gratter le crâne pour briser un moment de tension (48). Cependant, cette opération étant difficilement réalisable par un individu seul, les oiseaux d’un même groupe se toilettent mutuellement. Les Psittacidés doivent aussi se nettoyer le bec, ne serait-ce que pour retirer les éventuels restes de nourriture coincés. Pour cela l’oiseau peut le frotter sur une surface dure, ou s’aider de ses doigts griffus. Enfin, ils prennent soin de leurs pattes en éliminant les impuretés et en se servant de leur bec comme d’un coupe-ongles.

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